Après un long “plateau” la pandémie de Covid-19 gagne en ampleur dans une immense partie des Etats-Unis et s’accroît également en Amérique latine, notamment au Mexique et au Brésil où les bilans des décès quotidiens continuent de grimper, a rapporté l’AFP.
En Europe, la situation est loin d’être aussi grave mais des villes et quartiers sont de nouveau confinés face à l’apparition de foyers, notamment dans des entreprises.
Le Texas, épris de libertés et Etat américain le plus grand du pays, avait commencé à rouvrir le 1er mai, mais le chef de l’exécutif local, le gouverneur Greg Abbott, a décidé jeudi de ne pas passer aux étapes suivantes de déconfinement en raison de la hausse des hospitalisations liées au coronavirus.
Ce grand Etat a rapporté jeudi 5.996 nouveaux cas de coronavirus, un nouveau record.
“La dernière chose que nous voulons est de revenir en arrière et de fermer les commerces”, a cependant déclaré l’élu républicain.
C’est pourtant la nouvelle crainte de nombreux responsables américains d’une vaste frange couvrant le Sud et l’Ouest, qui observent depuis quelques semaines leurs hôpitaux se remplir de malades du Covid-19 et se demandent s’il ne faut pas, au minimum, rendre obligatoire le port des masques en public. Le Nevada vient de le décréter pour tous les espaces publics fermés, et donc dans les casinos de Las Vegas, depuis hier vendredi.
C’est comme si le film qui s’était déroulé dans le Nord-Est et en particulier à New York au printemps se rejouait, mais dans une partie du pays moins dense, qui s’était déconfinée en confiance après avoir cru échapper au pire.
A 20h00 GMT, le pays comptait plus de 37.000 nouveaux cas diagnostiqués et 692 décès supplémentaires pour la journée de jeudi, selon les chiffres des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
Les experts ont averti que les plus de trois dizaines de milliers de nouveaux cas désormais dépistés chaque jour sont l’avant-garde d’une explosion exponentielle des contagions.
“Avec le temps, ces gens vont commencer à être hospitalisés, et ils vont commencer à mourir”, dit l’épidémiologiste d’Harvard William Hanage. “Cela prendra peut-être quelques semaines ou plus, mais cela arrivera. Et n’oubliez pas que cela se passe dans une population bien plus grande que celle où ont éclaté les foyers du printemps”.
Une deuxième vague était redoutée pour l’automne et l’hiver, en conjonction avec la grippe saisonnière, mais c’est une vague estivale qui s’ébauche. Alors que seulement 5 à 8% de la population a été contaminée depuis le début de la pandémie, estiment les autorités sanitaires américaines.